30 janvier 2007
Il y a quelqu'un
Il y a quelqu’un. Quelqu’un qui me donnait envie, tout le temps, qui me faisait rire. Quelqu’un, dont j’étais sûr qu’on était fait l’un pour l’autre.
Il y a une chose qui ne devrait pas exister, qui ne devrait pas être permise d’exister. Une chose absurde, monstrueuse, impossible à avaler, à digérer, qui tue, une partie de nous.
Il y a quelqu’un. Que j’aime, et qui ne m’aime pas.
Pourquoi ? Pourquoi peut-on aimer sans être aimé en retour ? Pourquoi l’amour continue d’exister sans réciprocité ?
Je ne comprends pas. Je ne comprends pas les évènements de ma vie.
Je ne vois aucun sens, pas d’utilité, rien qui ne permette d’avancer. Que de l’injustice... De l’injustice... Je n’ai jamais rien fait moi. Je n’ai tué personne. J’ai toujours essayé de faire le moins de mal possible, j’ai même essayé d’aider parfois. Je mérite mieux que ça. J’ose à peine l’écrire ce " ça ", tellement il est pitoyable... Une famille foldingue, violente et insécure ; une agression sexuelle à 7 ans, avec menace de mort ; une maladie douloureuse, défigurante et mystérieuse ; le seul amour de ma vie non partagé... C’est quoi le sens ? C’est quoi le but ? Voir jusqu’où il est humainement possible de tenir avant de se tirer une balle ? C’est un concours ? Il y a des paris qui sont faits sur moi ? « Je te dis qu’il tient jusqu’à 30 ans. » « Non moi je dis 28 à tout casser. »
Je ne comprends pas.
Il y a quelqu’un. Parfait pour moi. Quelqu’un. Pour qui je suis parfait aussi. Je le sais. Moi je le sais. Parfaits, l’un pour l’autre.
Il y a quelqu’un. Qui ne voit pas, qui ne sait pas. Quelqu’un. Qui ne comprend pas. Mais on a rendez vous. Car tout n’est pas possible. Et ça, ce n’est pas possible.
Il y a quelqu’un. Qui verra, qui saura. Quelqu’un. Que moi j’ai trouvé. Et qui me trouvera.
Il y a quelqu’un. Que j’aime. Et qui m’aimera...
Car ce n’est pas possible... Ce n’est pas possible... Au moins ça... ce n’est pas possible... Putain de merde mais ça n’a pas à être possible ! On n’a pas à créer un monde où même ça c’est possible !
Il y a quelqu’un. Que j’aime, et qui ne m’aime pas.
(Ecrit entre les 24 et 29 janvier 2007 et publié le 30 janvier 2007)
09 janvier 2007
Société de destruction massive
Je vais mal ; je suis malade, c’est facile à comprendre. Mais tous ces gens qui ne sont pas malades, pourquoi vont-ils mal ? Ils ont leur corps pour maison, pour refuge. Ça ne leur suffit pas. Cette sécurité là ne leur suffit pas.
Parce que l’insécurité extérieure, elle, est énorme, immense, gigantesque. Parce qu’il n’y a rien, malgré tous les efforts humains depuis la nuit des temps, qui n’empêche la loi du plus fort.
Evidemment que notre société ne fonctionne pas ; qu’à long terme, elle n’est pas viable. Evidemment que le capitalisme ne peut pas bien se finir.
Et tout le monde le sait.
Alors peut-être que ça m’arrange d’être malade.
Pourtant, moi aussi je voudrais participer, parfois. Au moins avoir le choix.
Exploser le virtuel.
Et profiter, avec vous, tous ensemble, de ce qu’il reste, avant la fin, prendre le plaisir, dans notre société, notre société de destruction massive.
(Ecrit les 6 et 9 janvier 2007 et publié le 9 janvier 2007)
Qui je suis
Je ne sais pas qui je suis. Je ne sais même pas si je suis. Tous ces gens qui se définissent : je suis possessif, gentil, impatient, fidèle... mais tout est valable pour moi, tout et son contraire. Je ne sais pas qui je suis. Si je suis possessif gentil impatient fidèle... ou le contraire. Je ne sais rien de moi. Comment font tous ces gens pour se définir sans se trahir. Comment ils savent qu’ils sont possessifs gentils impatients fidèles ? Comment on sait qui l’on est ? Et comment on fait pour être toutes ces choses ? Moi je n’ai même pas le temps, moi je ne supporte rien... C’est ça, qui je suis.
Je suis optimiste. Mais pas pour moi, pas pour vous, pas pour vos enfants. Pour dans longtemps, longtemps longtemps. Après que l’apocalypse ait eu lieu, et un autre et d’autres encore. Il y aura des entités vivantes qui sauront être heureuses, qui sauront aimer et faire le bien. J’y crois à ça... Ou j’ai envie d’y croire. L’harmonie existera. Pas qu’en fantasme, pas qu’en rêve. Réellement. Un jour. L’harmonie existera.
(Ecrit entre les 26 décembre 2006 et 9 janvier 2007 et publié le 9 janvier 2007)
Bulles, robots, et pieuvres
J’espère que je reviendrai. Quand on aura des bulles. Des bulles et des robots. J’espère que je reviendrai. Quand on sera des pieuvres.
Je n’aime pas les hommes.
Et ce n’est de la faute de personne.
Je n’aime pas.
J’espère que je me réveillerai. Ailleurs. Différemment. J’espère que j’aimerai.
(Ecrit les 21 décembre 2006 et 9 janvier 2007 et publié le 9 janvier 2007)

