Desperate Young Man / Journal d'un "jeune" homme désespéré

Desperate Young Man / Journal d'un jeune homme désespéré

08 mars 2008

"…"


Je crois qu’il a compris. La peine que ça me fait de ne pas pouvoir m’exposer. Je crois qu’il a compris. La peine que ça me fait de devoir me cacher. Je sais. Je parle du soleil. Et je parle d’autres choses. Ce n’est pas un caprice. C’est la concrétisation de ce que je ne veux pas dans ma vie. Fondamentalement.
Je veux avancer dans la lumière.
Attention j’aime bien l’ombre aussi ! Oui, je ne peux pas juste dire que je veux avancer dans la lumière, j’ai besoin de dire que le contraire aussi, c’est possible.

Ou peut-être qu’il n’a pas compris, mais alors ça me plait sa proposition. Parce que c’est ne pas accepter.
Et ce n’est pas l’acceptation qui me délivrera. Je le sais. Je le sens. Parce que je la refuse, du plus profond de moi.


(Ecrit le 6 mars et publié le 8 mars 2008)

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16 juillet 2007

Je suis le meilleur

Il m’est arrivé exactement ce que j’avais prédis. Je suis le meilleur.

Vouloir quelqu’un. Ce n’est pas de l’amour. Vouloir le posséder. Le garder pour soi. Tout lui prendre. Et rentrer dans sa tête, dans son corps. Vouloir quelqu’un. C’est vouloir le détruire. L’annihiler. On s’en fout du bonheur des autres. Bandes d’hypocrites. Vous n’en avez rien à foutre du bonheur des autres. Et moi non plus. Les autres on veut les faire sien. C’est tout. Même si c’est impossible, voué à l’échec, et qu’on se fait du mal, et qu’on sait qu’on est fou. C’est ça qu’on veut. Et je n’ai pas gagné. Oui je suis le meilleur. Mais je n’ai pas gagné. Et j’en ai ras le bol des mots. Parce qu’ils n’arrangent rien. Mais je n’arrive pas à fermer ma gueule. Parce que même s’ils n’arrangent rien, je veux les crier. J’ai besoin de les crier. Je veux crier les mots. Et maintenant je ferme ma gueule.


(Ecrit et publié le 16 juillet 2007)

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11 juillet 2007

Sans titre

Je ne sais pas être heureux. Comment on fait. Pour se contenter. De ce que la vie donne. De ce que les autres donnent. On croit que c’est de soi qu’on a peur. De ne pas donner assez. Donner bien. De donner trop. Mais en fait on s’en fout de ça. Si ce que je leur donne aux autres ce n’est pas assez, ce n’est pas bien, c’est trop. C’est leur problème. Le mien, c’est que ce qu’ils me donnent, je ne m’en contente pas. Alors oui, je ne sais pas être heureux. J’essaye d’apprendre. Mais je n’y arrive pas. Et malade ou pas malade. Ça ne change rien. Je serai toujours inapte. A gérer ces putains de relations humaines. Elles sont un mystère pour moi. Et elles le resteront. Parce que je n’ai même plus envie de chercher. Je suis lassé de chercher, de ne pas comprendre, de ne pas trouver. Je suis lassé de ne pas y arriver. Je veux juste m’endormir. Et ne plus me réveiller.


(Ecrit et publié le 11 juillet 2007)


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05 juillet 2007

J'ai honte

J’ai honte de regarder parfois " Les feux de l’amour ". J’ai honte d’être nul à " Question pour un champion " et à " Des chiffres et des lettres ". J’ai honte de regarder trop la télé. J’ai honte de ne pas lire assez. J’ai honte de ne pas connaître des choses basiques de culture générale. J’ai honte d’aimer connaître la vie des Stars. J’ai honte d’aimer Céline Dion. J’ai honte de ne pas qu’écouter de la bonne musique. J’ai honte de porter mes tongs avec des chaussettes. J’ai honte d’avoir des lunettes. J’ai honte d’être malade. J’ai honte d’être moche. J’ai honte de ne pas faire assez de sport. J’ai honte de me masturber parfois devant des pornos. J’ai honte d’avoir déjà fait des " plans cam ". J’ai honte d’aller aux toilettes. J’ai honte de ne pas m’impliquer en politique. J’ai honte d’avoir la carte fidélité Casino. J’ai honte d’utiliser le caddy quand je fais mes courses. J’ai honte d’être au RMI. J’ai honte de mépriser des gens. J’ai honte de ne pas savoir quoi faire de ma vie. J’ai honte d’avoir honte.

 

(Ecrit et publié le 5 juillet 2007)


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01 juillet 2007

Toi

Je pourrais te regarder, t’écouter, te sentir, te toucher, te goûter, non-stop. Ne plus rien faire d’autre que ça. Jusqu’à la fin de ma vie. Contempler. Ta beauté. M’extasier.

Je voudrais te figer. Pour l’éternité.

Toi.

Je pourrais mourir pour toi.

D’ailleurs je meurs pour toi.

Regarde moi.

Je meurs pour toi.

(Ecrit entre le 27 juin et le 1er juillet 2007 et publié le 1er juillet 2007)

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23 juin 2007

Le mépris

Les gens sont tellement cons. Ils disent absolument n’importe quoi. Ils ne réfléchissent pas. Ils ne voient pas après. Ils ne voient pas avant. Ils ne voient pas pendant. Ils sont aveugles. Sourds. Ils s’en foutent.


Je n’aime pas les gens. Je ne les déteste pas. Je les observe. Je suis un scientifique. Je recueille des données. Je classe. J’analyse. Je fais une expérience. L’expérience d’une vie. Et je suis fatigué.


Je sais que chacun fait ce qu’il peut, je sais que chacun a ses raisons, bla bla bla bla bla…


Mais je méprise les gens.


Je n’en suis pas fière. De toute façon je ne suis fière de rien. Je ne comprends même pas ce qu’est la fierté...


J’aimerai ne pas mépriser les gens. Mais tant de bêtise partout. Même si je sais, que bla bla bla bla bla… Tant de bêtises. Partout…


Je voudrais éteindre le monde comme on éteint la télé. M’endormir ou me réveiller. Je sais plus. Comment on fait.


Des fois je ne comprends même plus comment des gens peuvent se mélanger. Comment ils peuvent avoir envie de se mélanger. D’être juste moi, c’est déjà trop. Je voudrais être détaché, de tout, de tous, de moi. Loin. Je voudrais être loin. Le plus loin possible.


(Ecrit entre les 14 et 22 juin 2007 et publié le 23 juin 2007)


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20 mai 2007

L'attente

Je le remplis, je le vide. Je le regarde. Dysfonctionner. Je le hais. Je voudrais y échapper. Le robotiser. Je voudrais l’aimer. Comme avant. Quand j’étais unifié. Connecté. Je voudrais que ça s’arrête. Revenir en arrière. Et modifier. Là où ça a dégénéré. Pour que le présent n’ait jamais existé. Je voudrais être intelligent, très intelligent, super intelligent. Le plus intelligent possible. Parce qu’il y a trop que je ne sais pas. Trop que je ne comprends pas. Parce qu’il y a peut être une solution. Mais je ne la vois pas. Alors j’attends. Parce que je n’ai pas renoncé. J’attends. Parce que je me souviens. J’attends... J’attends.

(Ecrit entre les 17 et 20 mai 2007 et publié le 20 mai 2007)

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10 mai 2007

Autodestruction

Sous mes yeux.

Ils n’en ont pas assez. Du mal. Ils s’en font en plus. Du mal. Contre eux-mêmes. Du mal.

Sous mes yeux.

Du mal. Du mal. Du mal.

Elle m’a dit qu’elle était curieuse de savoir ce qu’est la mort.

Sous mes yeux.

Le passé est oublié. Le présent est brûlé. Le futur est condamné.

Sous mes yeux.

Oubliés. Brûlés. Condamnés.

Je lui ai dit que j’étais curieux de savoir ce qu’est la vie.

Sous mes yeux.

Une vague géante et meurtrière a déferlé.

Processus activé.

Sous mes yeux.

La vague a tout balayé.

Autodestruction.

Sous mes yeux.

(Ecrit les 9 et 10 mai 2007 et publié le 10 mai 2007)

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06 avril 2007

Le plus vieux des hommes

Je ne suis pas cet enfant.

Je ne suis pas cette femme.

Je ne suis pas cet homme.

Mais moi aussi...

Je ne suis pas cet enfant. Cette femme. Cet homme.

Ces milliards de vie sur Terre.

Je ne le suis pas.

A leur place. Dans leur tête. Dans leur peau. Dans leur coeur.

Je n’y suis pas.

Mais...

J’y étais.

Ici et là. Ailleurs partout.

J’y étais.

Je suis le plus vieux des hommes.

Le plus vieux des hommes.

(Ecrit entre les 1er et 6 avril 2007 et publié le 6 avril 2007)

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06 mars 2007

Les délires des autres

Les délires des autres. Parfois, ils l’influencent en bien. La réalité.

Parce que c’est leur motivation, pour s’entraider, construire, améliorer, pour faire l’amour...

Les délires des autres. Parfois, ils l’influencent en mal. La réalité.

Parce que c’est leur justification, aux violences, aux abus, aux méchancetés, aux injustices, qu’ils entretiennent...

Les autres, ils ont la capacité de la transformer. La réalité. Les autres. Ils nagent, dans un océan rempli des délires qu’ils créent.

Et moi je crie. Noyé. Dans les délires des autres. Je crie. Pour exister. Je crie. Sur la réalité... La réalité... Que je ne sais pas transformer.

(Ecrit et publié le 6 mars 2007 – Modifié le 17 mars 2007)

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06 février 2007

Rire

J’ai trop parlé de moi. A chaque fois après je suis fatigué. D’avoir essayé d’être au plus juste, de dire au mieux. Je suis fatigué et je regrette. Parce qu’on ne peut jamais être au plus juste, parce qu’on ne peut jamais dire au mieux. Il faut que j’arrête de parler de moi... Mais de quoi ils parlent les autres ? De quoi peut-on parler d’autre que de soi ?

Et puis j’ai peur. De mentir malgré moi. De ne pas pouvoir expliquer que rien n’est définitif, que rien n’est sûr, que le contraire aussi peut-être est possible, qu’on ne sait pas.

Et puis se vendre. Même si on ne veut pas. Et puis se défendre... Je suis fatigué.

Je voudrais remonter à la surface. Rire. Parce qu’il n’y a que ça qui compte... Il n’y a que rire qui compte... Et je ne veux plus que rire, jusqu’à la fin.

Petit, j’ai eu le sentiment que je mourrais jeune. Je l’avais oublié. Mais ça m’est revenu. Maintenant que j’en suis proche. Il va falloir rire. Parce que ça ne va pas être drôle.

(Ecrit et publié le 6 février 2007)

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02 février 2007

Du poison

Je n’ai rien à offrir, rien à donner. Que du poison. Mon désespoir, ma haine, ma colère. Je n’ai que du poison en moi. Et si on m’approche, j’entraîne. Comme si j’avais des tentacules, j’attrape et j’entraîne. Dans les profondeurs. J’empoisonne. Ce n’est pas de ma faute. J’essaye de m’éloigner le plus possible, j’essaye de faire le moins de victimes possibles. Mais je ne peux pas m’en empêcher parfois, d’avoir envie de contacts.

Depuis que je ne les vois plus, je les vois encore. La nuit, dans mes pensées, dans mes rêves. Leurs tentacules m’attrapent et m’entraînent.

J’ai entendu dire qu’il paraîtrait que parfois la famille est quelque chose de merveilleux. Sans poison.

(Ecrit et publié le 2 février 2007)

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30 janvier 2007

Il y a quelqu'un

Il y a quelqu’un. Quelqu’un qui me donnait envie, tout le temps, qui me faisait rire. Quelqu’un, dont j’étais sûr qu’on était fait l’un pour l’autre.

Il y a une chose qui ne devrait pas exister, qui ne devrait pas être permise d’exister. Une chose absurde, monstrueuse, impossible à avaler, à digérer, qui tue, une partie de nous.

Il y a quelqu’un. Que j’aime, et qui ne m’aime pas.

Pourquoi ? Pourquoi peut-on aimer sans être aimé en retour ? Pourquoi l’amour continue d’exister sans réciprocité ?

Je ne comprends pas. Je ne comprends pas les évènements de ma vie.

Je ne vois aucun sens, pas d’utilité, rien qui ne permette d’avancer. Que de l’injustice... De l’injustice... Je n’ai jamais rien fait moi. Je n’ai tué personne. J’ai toujours essayé de faire le moins de mal possible, j’ai même essayé d’aider parfois. Je mérite mieux que ça. J’ose à peine l’écrire ce " ça ", tellement il est pitoyable... Une famille foldingue, violente et insécure ; une agression sexuelle à 7 ans, avec menace de mort ; une maladie douloureuse, défigurante et mystérieuse ; le seul amour de ma vie non partagé... C’est quoi le sens ? C’est quoi le but ? Voir jusqu’où il est humainement possible de tenir avant de se tirer une balle ? C’est un concours ? Il y a des paris qui sont faits sur moi ? « Je te dis qu’il tient jusqu’à 30 ans. » « Non moi je dis 28 à tout casser. »

Je ne comprends pas.

Il y a quelqu’un. Parfait pour moi. Quelqu’un. Pour qui je suis parfait aussi. Je le sais. Moi je le sais. Parfaits, l’un pour l’autre.

Il y a quelqu’un. Qui ne voit pas, qui ne sait pas. Quelqu’un. Qui ne comprend pas. Mais on a rendez vous. Car tout n’est pas possible. Et ça, ce n’est pas possible.

Il y a quelqu’un. Qui verra, qui saura. Quelqu’un. Que moi j’ai trouvé. Et qui me trouvera.

Il y a quelqu’un. Que j’aime. Et qui m’aimera...

Car ce n’est pas possible... Ce n’est pas possible... Au moins ça... ce n’est pas possible... Putain de merde mais ça n’a pas à être possible ! On n’a pas à créer un monde où même ça c’est possible !

Il y a quelqu’un. Que j’aime, et qui ne m’aime pas.

(Ecrit entre les 24 et 29 janvier 2007 et publié le 30 janvier 2007)

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09 janvier 2007

Société de destruction massive

Je vais mal ; je suis malade, c’est facile à comprendre. Mais tous ces gens qui ne sont pas malades, pourquoi vont-ils mal ? Ils ont leur corps pour maison, pour refuge. Ça ne leur suffit pas. Cette sécurité là ne leur suffit pas.

Parce que l’insécurité extérieure, elle, est énorme, immense, gigantesque. Parce qu’il n’y a rien, malgré tous les efforts humains depuis la nuit des temps, qui n’empêche la loi du plus fort.

Evidemment que notre société ne fonctionne pas ; qu’à long terme, elle n’est pas viable. Evidemment que le capitalisme ne peut pas bien se finir.

Et tout le monde le sait.

Alors peut-être que ça m’arrange d’être malade.

Pourtant, moi aussi je voudrais participer, parfois. Au moins avoir le choix.

Exploser le virtuel.

Et profiter, avec vous, tous ensemble, de ce qu’il reste, avant la fin, prendre le plaisir, dans notre société, notre société de destruction massive.

(Ecrit les 6 et 9 janvier 2007 et publié le 9 janvier 2007)

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Qui je suis

Je ne sais pas qui je suis. Je ne sais même pas si je suis. Tous ces gens qui se définissent : je suis possessif, gentil, impatient, fidèle... mais tout est valable pour moi, tout et son contraire. Je ne sais pas qui je suis. Si je suis possessif gentil impatient fidèle... ou le contraire. Je ne sais rien de moi. Comment font tous ces gens pour se définir sans se trahir. Comment ils savent qu’ils sont possessifs gentils impatients fidèles ? Comment on sait qui l’on est ? Et comment on fait pour être toutes ces choses ? Moi je n’ai même pas le temps, moi je ne supporte rien... C’est ça, qui je suis.

Je suis optimiste. Mais pas pour moi, pas pour vous, pas pour vos enfants. Pour dans longtemps, longtemps longtemps. Après que l’apocalypse ait eu lieu, et un autre et d’autres encore. Il y aura des entités vivantes qui sauront être heureuses, qui sauront aimer et faire le bien. J’y crois à ça... Ou j’ai envie d’y croire. L’harmonie existera. Pas qu’en fantasme, pas qu’en rêve. Réellement. Un jour. L’harmonie existera.

(Ecrit entre les 26 décembre 2006 et 9 janvier 2007 et publié le 9 janvier 2007)

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Bulles, robots, et pieuvres

J’espère que je reviendrai. Quand on aura des bulles. Des bulles et des robots. J’espère que je reviendrai. Quand on sera des pieuvres.

Je n’aime pas les hommes.

Et ce n’est de la faute de personne.

Je n’aime pas.

J’espère que je me réveillerai. Ailleurs. Différemment. J’espère que j’aimerai.

(Ecrit les 21 décembre 2006 et 9 janvier 2007 et publié le 9 janvier 2007)

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05 décembre 2006

Hibernation

Je me suis jeté à l’eau. Et je savais comment faire, pour ne pas couler.

Depuis, j’ai grandi. Et j’ai oublié.

Je pense que je n’ai pas de raisons de vivre, j’ai des torts.

Je ne suis pas un artiste. Je ne suis pas père, non plus.

Je ne crée pas. Je ne laisse pas, de trace.

De fait, moi j’arrête.

Bien sûr je continuerai à faire partie du monde, infiniment...

Mais en ce qui me concerne, la forme humaine est une erreur ; elle est défectueuse.

Je ne comprends pas bien pourquoi je ne me suicide pas.

Peut être simplement parce que je n’en ai pas envie.

Je veux mourir. Mais je ne veux pas me suicider.

Je ne supporte plus rien. Même des choses sans importance, des conneries, je trouve ça dégueulasse. Les gens qui sont en bonne santé. Et qui ne s’en rendent pas compte. Et qui se permettent d’aller mal, quand même. Les gens qui n’arrêtent pas d’éclabousser les autres de leur satisfaction d’avoir engendrer la vie. Qui sont super ultra méga fiers d’être parents. Qui croient que ça les rend " meilleurs ". Les artistes. Ceux qui osent s’en plaindre. Ceux qui se disent seuls. Alors qu’ils sont tout sauf seuls. Alors que les artistes sont parmi les êtres les plus chanceux qui existent dans tout l’univers...

Je pense qu’il n’y a pas et n’y aura pas de solution à mes problèmes. Je pense qu’ils vont aller en grandissant et que, par la force des choses, ils finiront par me tuer. Je pense qu’il vaudrait mieux pour moi en finir maintenant, que c’est idiot, absurde de me laisser subir cette déchéance. Trop de souffrances encore et encore, pour rien. Mais un mal fait à mon corps, même libérateur parce que l’ultime, je ne veux pas en être l’instigateur... J’aimerai trouver le courage de dépasser ça... Mais quand j’imagine, quand j’anticipe, c’est d’une tristesse abyssale, c’est l’horreur absolue.

Les cinq minutes qui me séparent de l’océan sont trop longues et l’hiver arrive.

Je passe en mode hibernation. Sans espoir, ni rêve.

J’attends le néant.

(Ecrit entre le 18 octobre et le 5 décembre 2006 et publié le 5 décembre 2006)

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23 novembre 2006

Paranoïa et réalisme

En ce moment je préfère ne pas trop réfléchir.

Je regarde la télé. Il y a des boites, qu’il faut ouvrir, les unes après les autres. Il y a des invités, qui parlent cinq minutes, pour une heure d’émission. Il y a des débats, sans fond. Il y a les informations, débitées, sur un ton neutre inquiet jovial... pour dire que l’enfant est retrouvé mort dans la rivière, que demain c’est la foire aux vins, que les accords ici et là sont rompus, qu’il a dit que, qu’elle a fait, que le CAC 40, que les employés, que les patrons, que les sondages, qu’il y a une recrudescence de.... Des informations... au ton neutre inquiet jovial. D’une seconde à l’autre. Sans explications.

En ce moment il faut que j’évite de réfléchir.

Mon chat dort. A moitié. Il me surveille. Si je bouge, il bouge avec moi. Je lui touche tout le temps les oreilles. Je crois que c’est de ma faute si l’une d’elles s’est cassée. L’autre ça vient d’une bagarre. Il perd trop ses poils, il griffe trop les meubles, il a tout le temps trop faim. Mais je l’aime bien mon chat. Aux oreilles cassées.

Il ne faut pas que je réfléchisse.

J’aurai préféré être paranoïaque, que réaliste. Être fou. Pour échapper à la réalité.

(Ecrit et publié le 23 novembre 2006)

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31 octobre 2006

La rupture

C’est fini. J’ai les marques sur mon corps. De sa violence. C’est fini. J’ai les marques sur mon corps. De leur violence. Je n’existe pas. Cette main sur ma bouche. Qui me bâillonnait. C’est pareil. La rupture est consommée. Je n’irai pas à Paris dans une semaine, ni à Noël, ni après. Plus jamais. Sous les coups. Je lui ai dit que si moi je la tapais, elle irait à l’hôpital. Heureusement pour eux, je ne suis pas si fou que ça. Car je les aurai tué.

Moi non plus je ne les aime pas. Sur tout ce que j’ai, je le jure, même si je n’ai rien. Plus jamais je ne les reverrai.

Qu’est-ce qu’il faut faire pour survivre ? Quand on n’a pas d’amour. Combien de temps pour survivre ? Sans amour. Je vais continuer d’essayer. Ou essayer de continuer. Dans plus de peur. Encore plus de peur. Recroquevillé. Encore plus. Paralysé. Encore plus. Cherchant à me protéger. Encore et toujours plus. Seul.

(Ecrit et publié le 31 octobre 2006)

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12 octobre 2006

Extrémiste

Parce qu’on perd

Parfois je pense à toi. Qu’est-ce que tu es maintenant ? Est-ce que tu es encore ? C’est comment la mort ? Parfois je pense à toi. J’ai peur. Parfois j’ai peur. Parce que je vais mourir aussi. Parce que je vis, parce que je suis, parce que j’existe, même mal. Parce que c’est dur. J’ai peur. De tout. Parfois j’ai peur de tout. Parce qu’on perd. Tout. Au bout, on perd tout.

Heureusement

Parfois je suis heureux. Parce que je sais ce que je ne suis pas. Ce que je ne suis heureusement pas. Ce petit con beau et narcissique, autodestructeur et cynique. Glacé. Je ne suis pas glacé. Je pourrais même en pleurer de joie. Si je pleurais sur moi. Mais je ne pleure que sur les autres. S’il faut brûler, pour ne pas être glacé, je prends. J’ai pris. Car je suis un extrémiste. Et je suis du bon côté.

(Ecrit et publié le 12 octobre 2006)

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